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Pénurie d'« ingénieurs »... Info ou Intox ?
Le 10 Juillet 2015
Ingénieurs

La France ne formerait pas assez d'ingénieurs ! Ainsi ont déclarés ces dernières années un grand nombre d'experts reconnus du monde de l'entreprise et des écoles d'ingénieurs parmi lesquels Louis Galois ou Christian Lerminiaux, Président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI), ... Certains affichent des chiffrent allant jusqu'à un déficit de 12.000 ingénieurs en 2020, justifiant ainsi d'une nécessaire augmentation du budget des écoles. Pourtant, aujourd'hui se sont environ 30.000 étudiants diplômés chaque année qui sortent des écoles d'ingénieurs contre 18.000 il y a à peine vingt ans. Pourtant, le besoin serait situé aujourd'hui à environ 40.000 étudiants par an, d'autant que 32 à 45% seraient embauchés avant d'être diplômés.

D'autres voies s'élèvent pour souligner qu'il s'agirait plus d'un problème de titre et de diplômes que d'un réel manque. Aussi, les tensions observées auraient pour origine la manière dont les entreprises et recruteurs comprendraient le terme « ingénieur », certains pensant que seules les écoles d'ingénieurs forment des « ingénieurs », les autres pensant que n'importe quel BAC+5 technique ou scientifique en rapport avec la conception, la réalisation, la fabrication de produits, les projets ou les grandes installations dans tous les domaines industriels suffise à définir un « ingénieur ».

Préalablement à toute réflexion, il semble important de rappeler ce que l'on entend par « Ingénieur ». En France, l'usage du titre d'ingénieur et l'accès à la profession sont libres. Il peut donc s'agir à la fois d'un titre, d'une profession et parfois même de l'intitulé d'un emploi. Toute personne exerçant donc une activité professionnelle demandant une compétence technique ou scientifique, à la limite quel que soit son niveau d'étude, peut se revendiquer « ingénieur » ; C'est pourquoi on recense un nombre très important d'ingénieurs et cadres techniques répertoriés dans les statistiques de l'INSEE (CSP 38).

Aussi, si l'usage du titre « ingénieur » est libre en France, le titre d'« Ingénieur diplômé » est lui réglementé, il concerne environ 30.000 étudiants chaque année et la délivrance d'un titre d' « ingénieur diplômé » par une école ou un organisme de formation professionnelle est depuis 1934 soumise à l'agrément de la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI). Un étudiant d'une école habilitée par l'État à délivrer un diplôme d'ingénieur, devient après ses études, « ingénieur diplômé ». Seuls ceux-ci ont ce titre et leur nombre de moins de 65 ans est estimé à environ 750.000 personnes soit environ deux fois moins que le nombre inscrits sur le répertoire INSEE sus-évoqué.

En complément de ce qu'il est exposé ci-dessus, il convient de préciser que généralement, les statistiques publiées fréquemment ci et là ne traitent que des « ingénieurs diplômés », et ne prennent absolument pas en compte l'ensemble de la population technique et scientifique de BAC+5. Ces statistiques récentes relatives à ces derniers montrent qu'actuellement, le taux de chômage global pour cette catégorie se situe entre 3,5 et 4% pour s'établir à moins de 2% pour les 30-40 ans, et ce, alors même qu'une génération assez nombreuse de ces « ingénieurs diplômés » arrivera à l'âge de la retraite dans les dix ans à venir.

Aussi, il semble incontestable de dire que la pénurie d' « ingénieurs diplômés » soit bien réelle et puisse même tendre à s'accentuer dans les années à venir, quelle qu'en soit l'origine ou les motivations premières.

Enfin et pour étendre la réflexion aux métiers techniques et scientifiques à BAC+5 en général, il semble bon de préciser que les responsables des filières techniques et scientifiques en général s'inquiètent du nombre d'inscrits qui diminuent d'années en années. Effectivement, les métiers techniques ou scientifiques, quel que soit le niveau, n'attirent plus les jeunes, de multiples facteurs très divers semblant justifier de cette lame de fond. A terme et sans mobilisation ou revalorisation aucune de ces filières, il se pourrait alors que la pénurie ne se cantonne plus seulement aux « ingénieurs diplômés » ou aux « ingénieurs » dont il est principalement question dans cet article, mais se propage durablement à la population des techniciens et finalement l'ensemble des métiers techniques et scientifiques ; Cela aurait pour grave conséquence possible, l'affaiblissement de la recherche et de l'innovation en France avec pour corollaire une accélération du déclin industriel Français. Il ne tient qu'à nous d'en prendre conscience.

H. DELAPORTANELLE

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